Le golf aux Seychelles

Les Seychelles ont bâti leur réputation sur leurs rochers de granit, leurs plages bordées de palmiers et une eau si cristalline qu’elle semble retouchée. Le golf n’y a jamais joué un rôle aussi important qu’à l’Ile Maurice ou en Algarve.  Pourtant, niché entre deux îles si différentes, l’archipel abrite l’un des parcours de golf les plus insolites au monde : un par 3 en descente de quinze mètres vers une plage digne des plus belles cartes postales, et un autre où le green du neuvième trou se trouve dans ce qui était autrefois une mangrove plantée de cocotiers. Les Seychelles ne sont pas une destination de golf au sens conventionnel du terme. C’est quelque chose de plus rare : un lieu où ce sport a dû s’adapter à un paysage indomptable.

Il n’existe que deux parcours de golf dans tout l’archipel des Seychelles, qui compte 115 îles, et ce nombre est resté inchangé depuis plus de vingt ans. L’un est un parcours tranquille de neuf trous situé à Mahé, l’île principale. L’autre est un parcours de championnat de dix-huit trous, à Praslin, à quarante-cinq kilomètres au nord-est. C’est tout. Pas de vastes plages de golf, pas de complexes hôteliers concurrents se livrant à une course effrénée pour construire le prochain trou signature. Ce qui manque aux Seychelles en quantité, elles le compensent par un caractère géographique exceptionnel que la plupart des destinations de golf artificielles ne peuvent reproduire, car le terrain n’a jamais été aplani ni remodelé pour aménager des fairways. Les parcours ont été construits à même des affleurements granitiques, des mangroves et d’anciennes cocoteraies, et chaque trou porte encore les traces de ce compromis.

Constance Lemuria : Un complexe hôtelier cinq étoiles construit autour d’un parcours de championnat

À l’extrémité nord-ouest de Praslin, le Constance Lemuria occupe un promontoire privé, cerné de rochers de granit rose, de jardins tropicaux et de trois des plus belles plages de l’île, dont Anse Georgette et Grand Anse Kerlan. Les 105 suites et villas de l’hôtel se situent à seulement quinze mètres du rivage. Construites en bois, en pierre et en chaume de palmier, elles arborent une palette de couleurs douces, dans les tons sable, qui se fond harmonieusement dans le paysage. Les plus grandes villas s’étendent sur plusieurs centaines de mètres carrés et disposent chacune d’une piscine privée, d’un maître de villa dédié et d’un espace suffisant pour qu’une famille ou un groupe se sente comme dans un domaine privé.

Les journées s’écoulent au rythme de trois piscines à débordement, de sept restaurants et bars proposant une cuisine variée allant des spécialités créoles aux sushis en passant par la gastronomie française, et du spa Constance, niché dans un havre de paix au cœur d’un jardin luxuriant. Un centre de plongée PADI permet d’explorer des épaves et des récifs coralliens à proximité du rivage, et d’octobre à février, les clients peuvent se joindre aux spécialistes résidents pour observer la ponte des tortues imbriquées sur les plages de l’hôtel.

Le golf est le point de convergence de tous ces éléments. Le parcours de golf de Lemuria, construit sur le même promontoire que le complexe hôtelier, a ouvert ses portes en octobre 2000 et demeure le seul parcours de dix-huit trous du pays. Conçu par l’architecte américain Rodney Wright en collaboration avec l’ancien joueur du Tour européen, le Français Marc-Antoine Farry, il se joue en par 70 sur environ 5 611 mètres. Le tracé serpente à travers la forêt indigène, contourne un système de lacs de marée et remonte des crêtes granitiques, imposant un véritable dénivelé à un parcours que la plupart des visiteurs s’attendent à trouver plat, tropical et facile. Il n’en est rien.

Le 8, un par 3, est généralement considéré comme le trou le plus difficile du parcours : un coup de départ surélevé depuis le Cap Jean-Marie qui doit franchir des mangroves et, depuis les départs les plus reculés, parcourir 185 mètres pour atteindre le green. Mais le trou dont tout le monde se souvient, c’est le 15. Également un par 3, il se joue depuis un départ perché sur une crête rocheuse en contrebas, vers un green situé une cinquantaine de mètres plus bas, avec le sable blanc de l’Anse Georgette et l’eau turquoise qui s’étend au-delà, en arrière-plan. Malgré ce cadre vertigineux, la dénivellation fait que la plupart des joueurs n’ont guère d’autre choix que d’utiliser un wedge ou un fer 9 pour atteindre le green — un trou qui, sur les photos, ressemble au coup le plus difficile du golf, mais qui se joue comme l’un des plus faciles.

Le green fee est offert aux clients de l’hôtel, mais la location de voiturettes est obligatoire et facturée séparément. Les pros du golf proposent des cours particuliers à ceux qui souhaitent perfectionner leur swing entre deux parties. L’accès au complexe nécessite un peu d’organisation : comptez 25 minutes de vol intérieur depuis Mahé, ou une traversée en ferry d’une à deux heures selon les conditions, suivie d’un court transfert routier.

Seychelles Golf Club : là où l’histoire du golf dans le pays a véritablement commencé.

Bien avant l’existence de Lemuria, le golf aux Seychelles  se résumait à un seul endroit : le Seychelles Golf Club d’ Anse aux Pins, sur la côte sud-est de Mahé, à une dizaine de minutes de l’aéroport international.

Ouvert en 1972 sur une vingtaine d’hectares d’ancienne cocoteraie et de marais, ce parcours de neuf trous, d’un par d’environ 68, est dépourvu du raffinement de Lemuria : fairways étroits bordés d’arbres, petits greens et une atmosphère de club privé décontractée. Une centaine de membres, dont la moitié sont des résidents étrangers, assurent son fonctionnement. Le club est ouvert aux golfeurs de passage sans réservation, sauf les jeudis et samedis, jours de forte affluence.

Il est possible de jouer ce parcours en 18 trous en utilisant une deuxième série de départs sur le retour, ce qui porte la distance totale à environ 4 500 à 4 900 mètres selon les départs choisis. Le green fee se situe entre 300 et 500 roupies seychelloises, ce qui en fait, de loin, le golf le plus abordable des îles. Ce que le parcours perd en prestige, il le gagne en charme : des cocotiers bordant des fairways étroits, la possibilité d’apercevoir des tortues géantes près du rough, et une ambiance conviviale au club-house qui invite les golfeurs de passage à participer aux parties locales plutôt que de simplement leur vendre un départ.

Une troisième option non conventionnelle : le golf comme rituel au coucher du soleil

L’expérience du golf aux Seychelles ne se limite pas aux 18 trous et aux scores. Au Four Seasons Resort Seychelles, sur la côte sud-ouest de l’île, les clients peuvent participer à une session de golf au coucher du soleil sur la plage de Petite Anse, envoyant leurs balles vers l’océan Indien tandis que le ciel se pare de mille couleurs pendant environ une heure chaque soir. Il ne s’agit pas d’une compétition, et personne ne compte les coups, mais cette expérience illustre parfaitement la manière dont ce sport se pratique aux Seychelles  : une expérience entièrement façonnée par le paysage environnant, et non l’inverse.

Quand et comment planifier un voyage de golf

Les Seychelles se jouent au golf toute l’année, étant situées juste au sud de l’équateur et bénéficiant d’un climat tropical chaud sans les brusques saisons que connaissent les destinations golfiques tempérées. La principale différence réside dans les deux périodes de mousson : la mousson du sud-est, de mai à septembre environ, apporte des alizés plus réguliers, une humidité plus faible et des conditions de jeu plus fermes et plus rapides – particulièrement difficiles sur les trous exposés comme le 10 de Lemuria, où le vent s’engouffre directement sur le green. La mousson du nord-ouest, de novembre à mars, est plus chaude, plus humide et plus calme, avec des averses tropicales courtes et intenses qui disparaissent généralement rapidement, évitant ainsi de gâcher une journée entière de jeu.

Sur le plan logistique, un séjour golfique aux Seychelles se prête mieux à un itinéraire d’île en île plutôt qu’à un séjour au même endroit : quelques nuits à Mahé pour jouer au Seychelles Golf Club et explorer Victoria, suivies d’un vol intérieur ou d’un ferry pour Praslin et d’un séjour au Constance Lemuria, où le parcours n’est qu’une des nombreuses raisons de s’y installer. Ici, le golf n’a jamais été synonyme de compétition. C’est une invitation à ralentir le rythme et à découvrir deux îles – et, au Lemuria, un complexe hôtelier – qui vaudraient le détour même sans clubs de golf en soute.

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