Avec sa 31e place,  Victor Perez flirte avec le top 30 mondial. Le Français devance quelques illustres golfeurs tels l’Anglais Justin Rose (35e) ou l’Américain Tiger Woods (41e). C’est évidemment son meilleur classement depuis son arrivée chez les professionnels en 2015.

Avec son physique de troisième ligne aile (1,98 m), il aurait pu revêtir le maillot rouge et blanc du Stadoceste Tarbais, tout comme l’avaient porté son père, son grand-père et son oncle. MaisVictor Perez a préféré le golf…

Ambidextre de naissance, Victor est poussé par son père à développer ses habiletés. Comme lors de ces courts moments d’ovalie, où il l’incite à alterner coups de pied du droit et du gauche. Mais une volonté parentale prédomine avant toute notion de performance : le plaisir et le défoulement avant tout. « Moi, reprend Michel Perez, professeur EPS, je n’avais aucun projet dans le sport pour lui, je n’étais pas le père de Tiger Woods (rires). Mais je pense qu’il a été très tôt ouvert à tous les sports, il en a essayé et pratiqué beaucoup : rugby,  planche à voile, ski, natation, et enfin golf »

A l’âge de  trois ans, il tape ses premières balles dans le jardin familial de Séméac (en banlieue tarbaise).

La suite est classique à l’image du parcours de milliers d’autres petits golfeurs. Victor a tout simplement fait comme son papa – président du golf de l’hippodrome à Laloubère – avec une canne adulte rafistolée : « Avec un de mes clubs que je lui avais scié, on a commencé à faire des petits jeux dans le jardin. Il trouvait ça facile et cela l’a amené à sa première compétition à 7 ans à Laloubère. » souligne Michel Perez. Puis Victor  est passé rapidement de 54 à 25 d’index, puis  s’est retrouvé handicap 5 à l’âge de  10 ans et enfin champion de France poussins à 11 ans et demi.

Les coupes   s’accumulent alors dans le salon familial, et lors d’un stage de ligue Midi-Pyrénées, à l’âge de 12 ans les rêves fous d’Augusta prennent forme : « J’entendais des choses (positives), venant d’enseignants reconnus comme Dominique Barquez, parlant des « mains en or » de Victor. » ajoute Michel Perez.

Bac S en poche, il rejoint l’American Golf Academy de Michael Magher à Biarritz,  et sur les conseils de ce dernier, il s’envole en 2011 pour les Etats-Unis afin d’intégrer l’université de New Mexico à Albuquerque.

 « Concilier les deux en France aurait été impossible, indique le Tarbais. J’aurais dû arrêter le golf pendant les deux premières années de fac et n’aurais pu combler mon retard par la suite. »

Victor Perez ne regrette pas son choix. « Le rythme est très soutenu, reconnaît-il. Entre la préparation physique (trois séances par semaine dès 7 h), les cours, les entraînements et les devoirs, on dispose de peu de temps pour nous, même si, en progressant en anglais, j’en ai gagné un peu dans la rédaction de mes devoirs. » 

Comme la plupart des autres universités, New Mexico est dotée d’excellentes structures d’entraînement : « Il y a deux très grands chipping-greens, un practice sur herbe de 240 m avec des filets que l’on dispose à sa guise en fonction du travail à accomplir, des boxes avec des caméras. Une dizaine de magnifiques parcours privés sont partenaires de l’université notamment le Champions Course d’Albuquerque. » Durant les quatre années qu’il passe à Albuquerque, il étudie la biochimie pendant les deux premières puis se spécialise dans le business et la psychologie pour obtenir un Bachelor. « Si j’ai toujours été assidu et montré un grand intérêt pour les études, cela ne s’est pas fait au détriment du golf, puisque dès ma première année universitaire, j’ai remporté le Texas A&M. » Victor joue 149 tournois  sous les couleurs de l’Université de New Mexico et dispute l’US Amateur où il franchit le cut et s’incline en quart de finale face à BryzondeChambeau, vainqueur de l’US Open 2020. 

Professionnel en 2015

De retour en France en 2015, il passe professionnel sur l’Alps Tour et retrouve à Biarritz Mike Magher.  L’entraineur américain lui inculque encore plus de rigueur et aussi, cette routine répétée à la seconde près que l’on observe aujourd’hui sur le Tour. Car pour Mike, le  vrai joueur est celui qui se connaît, est motivé et est honnête avec lui-même. « Je demande à mes élèves d’écrire chaque jour dans un carnet, leur propre préparation pour chaque coup lors d’un entraînement ou lors d’une compétition, explique l’Américain. Tout comme Victor Pérez le fait, depuis que Mike l’entraîne « Ce carnet et sa curiosité lui font poser énormément de questions, ce sont ses plus grandes forces car le monde pro exige une très fine connaissance de soi.» Alors, l’actuel n° 1 tricolore griffonne inlassablement… Grâce à cette méthode, Victor sait trouver ses propres solutions malgré l’inconfort lié à des moments de pression intense. « Si Victor n’est pas honnête avec lui-même, dans ces moments précis, il se foire. Le véritable intérêt de cette façon de procéder : être prêt, n’avoir laissé aucune question ou aucun doute en suspens, s’adapter, tirer le meilleur de soi-même, quel que soit l’enjeu, la pression ou les conséquences » ajoute Mike. « Lorsque Victor, aux Etats-Unis, a rencontré Sandy Lyle, ancien vainqueur des Masters, il a constaté que Lyle avait lui aussi un carnet où il consignait tout sur son jeu, sur lui, ses distances avec chaque club, etc. En fait, Victor a eu la confirmation de ce dont je lui parlais depuis des lustres. » Depuis, les notebooks s’accumulent sur les étagères du Français et ses performances suivent la courbe ascendante de sa connaissance de lui-même.

Être prêt à gagner

Mais le véritable objectif de ce carnet ne vise pas uniquement la bonne connaissance de soi. Mike Magher précise :  Et au final, gagner. C’est typiquement ce qu’est rapidement parvenu à réaliser Victor Perez ces dernières années avec notamment Las Castillas (2016, Alps Tour), Challenge d’Espagne et Grand Prix PGA France (2017), Open de Forhan (Challenge Tour, 2018), Dunhill Links Open (European Tour 2019). Ce carnet représente en quelque sorte la partie visible de l’iceberg de la performance de Perez. Car noter, c’est une chose. Assimiler et apprendre de ces notes, c’en est une autre. Le carnet de Victor Perez – comme celui des autres élèves de Magher, est donc bien un outil clé de son trajet vers le plus haut niveau mondial afin de se connaître sur le bout des doigts. « Il a été joueur… Rien que ça, c’est un plus. Il a vécu ce que je suis en train de vivre. Cela fait plus de dix ans maintenant que je suis avec lui. Il me connaît par cœur. C’est quelqu’un qui comprend ce que je fais et qui peut, ensuite, m’aiguiller de la meilleure des façons. Cela m’a d’abord permis d’avoir cette mentalité américaine, différente de celle que l’on peut avoir en France. En outre, compte tenu de son passé de joueur et de son perfectionnisme, les discours sont toujours adaptés. » souligne Victor Pérez, classé à la vingt-deuxième place de l’US PGA 2020 sur le redoutable parcours du Harding Park à San Francisco le 9 août dernier où le Tarbais, 50e joueur mondial, a tenu son rang et prouvé que son golf et sa confiance étaient enfin de retour. La présence à ses côtés de son coach Mike Magher, n’est certainement pas étrangère à cette 22e  place, d’autant qu’il ne pouvait toujours pas compter sur son caddy JP Fitzgerald. Avec son coach de « toujours », il a pu ainsi retravailler les bases de son golf, son chipping notamment, pour retrouver une sérénité qui lui faisait défaut, en cette période d’après confinement.

Après une 14e place acquise, début octobre, lors de l’Open d’Ecosse à Aberdeen , Victor Perez termine à la seconde place du BMW PGA Championship à Wentworth le 11 octobre, en -15, à 4 coups du vainqueur, l’Anglais Tyrell Hatton.

Reboosté par cette deuxième place à Wentworth, le n°1 français, alors 34e mondial, ne comptait pas s’arrêter là et était de nouveau en pleine confiance. « J’ai vraiment recommencé à bien taper les fers, ce qui est quand même une des bases de mon jeu. Je prends vraiment les tournois les uns après les autres sans trop me poser de questions. L’objectif, c’est forcément de bien terminer l’European Tour avec une opportunité de faire quelque chose de très bien et de finir l’année fort. On verra ensuite pour 2021 ce qu’il se passe. » A Wentworth, Victor retrouvait son caddy « On avait fait une super fin d’année 2019 et on n’avait pas forcément bien redémarré au Belfry (cut raté) et à Valderrama (31e), ni à l’US Open (cut raté) qui est quand même particulier en termes de difficultés. Mais on a retrouvé nos marques. Le discours, le dialogue sur le parcours a permis de voir revenir les choses dans l’ordre. Mais ça montre à quel point ça peut aller vite dans un sens comme dans l’autre. »

Un mois plus tard, en prenant la 46e place finale du Masters et en ne jouant qu’une seule fois au-dessus du par, le Français a engrangé un maximum d’informations avant de revenir défier le mythique parcours d’Augusta en avril prochain…

Pour sa première dans le plus mythique des tournois du Grand Chelem, le Tarbais n’a pas démérité. Il est d’abord devenu le cinquième tricolore – seulement – à franchir le cut après Jean Van de Velde (2000), Thomas Levet (2005), Victor Dubuisson et Romain Langasque (tous les deux en 2016). En prenant la 46e place finale avec un score total de 289 (+1), il a surtout engrangé de l’expérience et ciblé un peu plus les secteurs de jeu à améliorer. « C’était un peu déroutant de découvrir ce parcours sans les spectateurs, c’était très différent de ce qu’on a l’habitude de voir à la télévision. »

C’est indiscutablement sur les greens que l’actuel 37e joueur mondial va devoir placer le curseur un peu plus haut encore. Sa moyenne de putts par trou était de 1,71 (dont quatre fois trois putts) alors que la moyenne du champ est de 1,66. Ses prestations sur les pars 5 du parcours cher à Bobby Jones n’ont pas été non plus très concluantes : quatre birdies réussis seulement (contre trois bogeys). Clairement insuffisant quand on sait que c’est souvent là que se fait la différence.  

Un parcours du Masters différent en avril 2021

« Je pense que c’est un avantage de ne pas avoir une année à attendre, conclut-il. Nous reviendrons plus tôt que prévu, et c’est une bonne chose. Le parcours sera certainement bien plus différent en avril qu’il ne l’a été cette année en novembre. Il sera plus ferme, plus rapide. Mais je pense que c’est bien de ne pas attendre trop longtemps avant de revenir. »

D’ici-là, Victor Perez a du achever sa saison avec les deux derniers tournois au calendrier 2020 du Tour européen. Le Dubaï Championship (2-5 décembre) et surtout le DP World Tour Championship (10-13 décembre),  finale de la Race à champ réduit (60 joueurs) et sans cut qui distribue de nombreux points, essentiels pour envisager de progresser un peu plus encore au classement mondial.

En terminant 7e du DP World Tour Championship, Victor Perez termine finalement 6e de la Race to Dubai, Victor Perez n’a peut-être pas égalé la meilleure performance tricolore à l’Ordre du Mérite européen (5e par Levet et Dubuisson), mais il boucle une saison 2020 très solide. En signant une ultime carte de 68 ponctuée d’un birdie au 18, le Tarbais termine à la septième place du DP World Tour Championship et réalise un troisième Top 10 cette année avec une sixième place au classement final de la Race to Dubai 2020. « Sur cet ultime trou j’ai égaré mon drive à gauche dans les buissons. De là, j’ai réussi à avoir un swing en gaucher pour me remettre comme je le pouvais en jeu. J’ai mis un très bon coup de fer 4 pour trouver le green avec ce drapeau compliqué à gauche. Le long putt pour birdie était un sacré bonus. Je boucle avec trois birdies aux 14, 16 et 18. C’est d’autant plus agréable que ce dernier tour n’était pas forcément très bien engagé. Je sauve un par au 1 malgré un drive égaré. Je concède des bogeys aux 2 et quatre. Un long putt au 3 me permettait de souffler un peu (birdie). Mais j’ai réussi à bien me ressaisir surtout mentalement et suis satisfait de ma performance car j’ai tout donné… »

Avant d’aborder la saison 2021, Victor Perez est retourné en Ecosse retrouver sa compagne Abigail à Dundee, situé à seulement 14 miles de l’Old Course de Saint Andrews, là où il a remporté sa première victoire sur l’ European Tour, le Dunhill Links Championship en septembre 2019.

Dans le sac de Victor Perez

Bois

Driver Ping G410 Plus (9 degrés). Shaft graphite Design iZ7X
Bois 3 Ping G410 (14,5°). Shaft Mitsubishi Tensei Blue 80 TX

Bois 5 Ping G410 (18,5°). Shaft Mitsubishi Tensei Blue 80 TX

Fers

Fers 4 à 6 Ping iBlade. Shaft Ping Z-X65

Fers 7 à PW Ping  Blueprint.  Shaft Ping Z-X65

Wedges

Ping Glide 3.0  (50, 56, 60 degrés. Shaft Ping Z-X65

Putter

Ping Sigma 2 ZB2 Platine

Balle

Titleist Pro VI